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Le problème du registre : tokenisation et asymétrie

Financial Times Companies •
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Brendan Greeley vend des parts de la participation qu'il détient dans sa maison. Il propose une simple inscription au registre — « Une part, la maison de Brendan » — et invite quiconque à acheter ou vendre à sa guise. Cette offre fantaisiste illustre le problème du registre qui sous-tend une grande partie de la finance moderne.

Le problème du registre se résume à une asymétrie d'information et à un risque de contrepartie. Les acheteurs ne peuvent savoir si le vendeur a entretenu le bien, combien de parts ont été émises, ni même s'il détient le titre juridique. En septembre, la SEC a annoncé une exemption temporaire permettant aux entreprises de commercialiser des actions tokenisées sur une blockchain sans être considérées comme une bourse, et rwa.xyz indique que 39 milliards de dollars d'actifs ont déjà été tokenisés sur des protocoles comme Ethereum et Solana. Un peu plus d'un tiers correspond à des créances sur le Trésor américain, mais la liste comprend aussi des matières premières, des fonds spéculatifs, du capital-investissement et de l'immobilier.

La tokenisation apporte des améliorations évidentes : les blockchains ne ferment jamais, les transactions se règlent instantanément au-delà des frontières et les actifs illiquides peuvent devenir liquides. Pourtant, davantage de liquidité n'est pas toujours préférable : les contraintes existantes ont de bonnes raisons d'être, et rien dans la tokenisation ne règle le problème fondamental du registre. Supposer que la nouvelle technologie crée une finance sans précédent ignore la nécessité de savoir ce qui figure dans un registre et qui en répond.

Comme le souligne Morgan Ricks, professeur de droit à Vanderbilt, « avec la tokenisation, il s'agit simplement d'un registre différent. Les problèmes sous-jacents ne sont propres à aucune technologie. » La solution reste la même : rester sceptique, demander ce qui est détenu et exiger des preuves. Roula Khalaf, rédactrice en chef du FT, nous rappelle que l'élément humain — la promesse de produire un bon actif — importe toujours.

Source: Financial Times Companies · Résumé par HeadlinesBriefing