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Le Tapis de Bayeux Revient en Grande-Bretagne

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Pour les élèves britanniques, 1066 est une année talismanique : l'année de la Conquête normande, lorsque Guillaume le Conquérant défit Harold Godwinson à la Bataille de Hastings. Cette œuvre d'art médiévale, un récit textile de 230 pieds de la victoire de Guillaume, s'est rendue de la France en Angleterre pour une exposition unique à vie au British Museum. Jusqu'en juillet prochain, la tapisserie est exposée dans une exposition d'une importance diplomatique sans précédent.

Le roi Charles III et le président Emmanuel Macron de la France ont eu le plaisir d'inaugurer la manifestation, que Macron a orchestrée dans le cadre d'un détente post-Brexit. À l'aune des ventes anticipées et de la saturation médiatique, Macron a touché le droit, les billets à près de 45 dollars se vendant en moins d'une journée. Ce prêt a été présenté comme un retour à la maison à millénaire et constitue un triomphe du British Museum pour un public britannique. Pour les locaux, l'œuvre peut être vue comme le dernier survivant rare de l'origine du pays.

Mais aux yeux d'un étranger, la seule justification à déplacer ce tissu fragile était d'en faire un instrument de réconciliation politique du XXIe siècle. Pied à pied, fibre par fibre, c'est la preuve matérielle de l'entrelacement de l'Angleterre avec le continent, à 21 miles de sa côte. Au British Museum, la tapisserie repose plate dans une seule vitrine, s'étendant près de 230 pieds dans une galerie longue et sombre.

Il n'y a pratiquement aucune interprétation et, à l'exception de quelques pièces de monnaie et de quelques manuscrits, aucun autre objet dans l'exposition. Pas de guides audio non plus, merci. Une animation minimale sur la plus longue paroi de la galerie indique les points clés, traduit certaines inscriptions et, surtout, maintient la foule en mouvement.