Robert A. Heinlein commence par mettre de côté la croyance religieuse pour parler de choses si évidentes qu'elles ne sont plus mentionnées. Il croit en ses voisins. Il connaît leurs défauts, mais il sait que leurs qualités l'emportent largement. Le père Michael, de l'autre côté de la route, dont Heinlein ne partage pas la foi, fait preuve de bonté, de charité et d'amour bienveillant dans ses actions quotidiennes, et Heinlein irait le voir en cas de difficulté. Son voisin immédiat, un vétérinaire, se lève de son lit après une rude journée pour venir en aide à un chat errant, sans honoraires et sans espoir d'en recevoir.
Heinlein croit en ses concitoyens. Frappez à n'importe quelle porte et dites « J'ai faim », et l'on vous nourrira. Il a trouvé la même charité prête à aider partout. Même l'auto-stop, malgré toutes les mises en garde, fonctionne : une voiture ou un camion s'arrête bientôt et quelqu'un lance : « Monte, mon gars. » Pour chaque personne qui répond « Va te faire voir », remarque-t-il, il y en a cent ou mille qui disent : « Bien sûr, mon pote, assieds-toi. »
Il croit en ses concitoyens. Les gros titres regorgent de crimes, pourtant pour chaque criminel il y a 10 000 personnes honnêtes, décentes et bienveillantes. Sans elles, aucun enfant ne grandirait et les affaires ne pourraient fonctionner au jour le jour. La décence ne fait pas la une ; elle est enfouie dans les avis de décès, mais c'est une force plus puissante que le crime. Il croit aussi en la vaillance patiente des infirmières, aux sacrifices fastidieux des enseignants, à l'artisanat honnête des ouvriers qui ont bâti l'Independence Hall et le barrage du Grand Coulee d'aplomb et de niveau, et aux luttes silencieuses de tous les jours dans presque tous les foyers.
Heinlein croit que presque tous les politiciens sont honnêtes, des centaines d'entre eux faisant de leur mieux pour un maigre salaire ou pour rien, sans reconnaissance. Enfin, il croit en toute son espèce, en l'honnêteté, le courage, l'intelligence et la bonté de l'immense majorité de l'humanité. Nous sommes arrivés jusqu'ici de justesse, écrit-il, et nous y parviendrons toujours. L'humanité perdurera, s'étendra vers les étoiles en emportant son honnêteté, sa curiosité, son courage et sa décence. Voilà ce que je crois.
Source: Hacker News · Résumé par HeadlinesBriefing